Le dilemme du train:
"Un train sans conducteur fonce le long d'une voie sur laquelle trois personnes sont attachées. Vous pouvez les sauver en actionnant un aiguillage qui le fera changer de direction, vers une autre voie sur laquelle une seule personne est attachée. Le faites-vous?"
(Ce dilemme est aussi une parfaite métaphore de l'élection en cours)
J'ai souvent constaté quand on posait cette question aux gens que le premier réflexe était de chercher une échappatoire. :)
En l'occurrence: "on peut pas couper le courant, plutôt?", ou "j'essaie de foncer les détacher". J'ai l'impression que l'esprit a du mal avec les prises de position morales fortes.
Si vous jouez le jeu, sans essayer de tricher avec l'énoncé: vous avez une réponse?
Ce n'est pas une devinette, hein. Je vous donne la réponse majoritaire: la plupart des gens optent pour "le moindre mal" et changent le train de voie.
Après, le twist sur ce dilemme: imaginez maintenant qu'il n'y ait qu'une seule voie avec les trois personnes attachées. Le train peut être arrêté en cas de choc avec quelqu'un de suffisamment lourd. À côté de vous il y a un gros monsieur que vous pouvez faire tomber sur la voie. Le poussez-vous?
Dans les deux cas vous êtes acteur direct du dénouement: vous sacrifiez une vie de vos mains pour en sauver trois. Pourtant on perçoit clairement que les deux situations ne sont pas équivalentes alors qu'elles semblent avoir le même "poids moral".
La raison est bien sûr que la décision n'a pas le même poids émotionnel. Ce qui fait la différence, c'est la proximité.
C'est d'ailleurs ce qu'on essaie de quantifier quand on cherche des échappatoires et des solutions tangentes: qui sont ces gens? Est-ce que je sacrifie un enfant pour sauver trois nazis? Est-ce que je sauve un proche au prix de trois, dix, cent personnes?
Bref, nous ne sommes pas purement "utilitaristes".
@Bouletcorp et qui sera responsable au final ? le constructeur, le propriétaire, le vendeur, le dev de l'IA...