Séance du jour : « Seule la terre est éternelle » (2019)

Une balade aux côtés de Jim Harrison, poète et romancier, à travers les coins paumés et les grands espaces.

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Sourcils broussailleux. Visage buriné. Il ne voit que d’un œil, suite à un accident alors qu’il était enfant. Il fume clope sur clope. Picole un peu mais pas trop, ça perturbe la concentration nécessaire à l’écriture. Il écrit toujours face à un mur blanc pour éviter d’être distrait, et pour pouvoir y projeter son imagination. Le matin, il part marcher avec son chien, pour laver la crasse de la société de son esprit, et pouvoir ensuite écrire. L’après-midi il va à la pêche.

Il a écrit l’histoire d’une femme qui plante soudainement son mari. Avant, les féministes voulaient sa peau. Depuis les elles l’aiment bien, et lui foutent la paix.

Il a essayé la peinture, mais il n’était pas doué. Il a fait une série d’aquarelles de postérieurs féminins, mais a préféré refuser une expo pour laisser la place à de vrais artistes.

Les indiens. Les bisons. Les arbres. Les oiseaux. Les rivières. Les loups (qui ne sont pas méchants). Les grizzlis (qui détestent tout le monde, mais on peut les comprendre). Les serpents (eux, il leur a déclaré la guerre, depuis qu’ils ont tué son chien).

Une chanson de Janis Joplin.

Une virée au Mexique avec Jack Nicholson.

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Les amis meurent les uns après les autres. Son carnet d’adresses s’affine. Il ne craint pas la mort. Ça arrive à tout le monde. C’est quand ça arrive trop tôt, comme pour son père et ça sœur que c’est dur. Ce sera finalement son tour en 2016, à 78 ans. Il écrivait un poème.

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