Me voilà en train de me poser plein de questions à propos de l’institutionnalisation des communs qui me semble en route.
Je suis à peu près sûre qu'il y a un processus + ou - invariable qui va des premiers défricheurs jusqu'au moment où une idée/pratique est reprise par les institutions officielles, en passant par un mouvement de militants convaincus.
Sauf que la plupart du temps, l'idée de départ perd son âme au passage, quand on commence à inventer des normes.
Est-ce indépassable ?

Et comme j'ai déjà assisté à une navette parlementaire sur un sujet qui me tenait à cœur, que j'ai vu à quel point un texte peut être vidé de sa substance pour obtenir l'effet inverse, j'ai bien peur que les commoners se fassent piéger à trop chercher la reconnaissance 🤔

L'essence même des communs c'est d'être "hors système", de créer leurs propres règles. Au fond c'est une forme d'anarchie... Ils perdront forcément leur âme si ils rentrent dans les cadres du système en place...

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Selon moi il y a maintenant urgence à ce que le réseau des communs se structure (avec toutes les précautions pour ne pas centraliser, sous forme de fédération ?), afin de continuer à édicter leurs propres règles, sinon ils vont se faire bouffer par des gens qui vont les définir à leur place.

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Ceci dit, quand je vois le sombre destin de la plupart des dynamiques anarchistes, je ne sais même pas si c'est possible de faire émerger un vrai mouvement sans prendre de très gros risques compte-tenu du contexte actuel...

Cf. "Ni Dieu ni maître, une histoire de l'anarchisme" de Tancrède Ramonet
youtube.com/watch?v=wj2lOyEDAk

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A bien observer les premières réflexions autour d'une mutualisation des moyens dans le réseau des communs, on pourrait y voir l’émergence d'un proto-état, avec sa propre vision de l'organisation de la société (coopération, pair à pair, horizontalité, fédéralisme, reconstruction d'un système de protection sociale, revenu universel, fin de la subordination dans le travail,...). De quoi, peut-être, énerver passablement le système en place si ces démarches gagnaient en visibilité ? 🤔

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Pourtant, militant⋅e⋅s ou pas, fédérés ou non, les communs se développent en masse, et continueront sans doute, pour pallier les manquements des institutions en cours d'effondrement. La période qui s'ouvre risque d'être assez violente, entre un système mourant mais bien décidé à se défendre jusqu'au bout, et une organisation de la société qui se déploie de manière quasi "naturelle" en temps de pénurie.

Cf. cette dynamique auto-organisée déjà citée ici trustmyscience.com/mysterieux-

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Et personnellement, j'estime que le dernier avatar en date, visant à détruire l'instruction en famille, est particulièrement représentatif de cet affrontement qui risque de continuer à prendre de l'ampleur...

Je ne sais pas du tout quelle posture je vais adopter dans les années qui viennent, mais je m'inquiète beaucoup car j'ai le sentiment que je vais être obligée de faire le deuil de ma place de "non militante" alors que la seule chose que je sais faire c'est prôner le dialogue. 😕

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@maiadereva Oui l'idée de la fédération est une bonne idée pour éviter au maximum de se faire récupérer par les institutions. Dans l'idée je retrouve ce que font isa attard & willy legatelois (lenouvelessai)
lenouvelessai.nursit.com/

@Steve12L En effet, je rejoins complètement les analyses d'Isabelle qui a vu le système de l'intérieur et qui sait donc précisément de quoi elle parle :(

@maiadereva j'ai le même ressenti, je crois que l'on en a déjà parlé ensemble

Tout se clive de plus en plus. Et on est obligé de prendre de plus parti de manière tranchée, d'agir de plus en plus, parce que les institutions font de pire en pire :-/

@Drulac C'est ça, tant qu'on pouvait trouver des espaces de tranquillité dans un système imparfait, on pouvait choisir de rester "neutres" mais là ça devient difficile, l'étau se resserre, et j'ai du mal à voir comment l'arrêter, et comment continuer à préserver nos libertés sans agir concrètement pour ça... Et comme je ne fais jamais rien dans la demi-mesure, les premières idées qui me viennent c'est purement et simplement la révolution (mais c'est pas forcément la meilleure piste)

@maiadereva je lisais il y a quelques jours, "quand tout devient interdit, tout devient permis"

Je ne suis pas forcément d'accord, mais ça illustre bien le sentiment de dualité, d'obligation de désobéir

Je l'ai déjà posté au moins une dizaine de fois ici, mais cette vidéo est vraiment un bon point de départ je pense, car beaucoup moins abstrait que "la révolution", bien que qu'explicite : il faut tout changer

m.youtube.com/watch?v=hSXSdr9h

@Drulac je vais regarder ça, merci :)

Mais oui, déjà, au départ, toute règle produit des imposteurs, alors quand elle devient arbitraire et trop stricte, ça ne fait qu'amplifier la désobéissance...

@maiadereva Avoir une démocratie (donc pas une république) et pas un anti-amish qui représente 68 millions de personnes ?

Une chose que je remarque, c'est que plus je milite, plus ça fait avancer les choses et que ça rend ce travail visible. Mais c'est de l'énergie, du temps et de l'argent à consacrer le militantisme...
D'autres sont payé·es pour contredire ce que je fais.

Pour moi on est jamais neutre, alors autant ne pas l'être. x)

@Drulac

@siegi En effet, mes activités depuis 5 ans (au moins) sont tout sauf neutres. Mais je préférais me dire que je construisais des petites choses à ma mesure, en exploitant les espaces de liberté existants, et sans besoin d'y associer un discours militant. Là je suis en train de me rendre compte que mes activités mêmes SONT du militantisme, ce qui pourrait, à terme, me mettre en danger compte-tenu du fait que ces espaces de libertés sont en train de disparaître.
Bref, je flippe :)

@Drulac

@maiadereva Bof, flippe pas, tu trouveras toujours un plan B. :)

Et bravo pour ton travail ! Le militantisme, que l'on peut traduire par engagement politique, a souvent une connotation négative. Alors qu'en fait cela fait avancer la société, ce qui permet de voir le militantisme plus positivement.

@Drulac

@siegi je crois que ce qui gêne @maiadereva ce n'est pas de militer, c'est de se sentir obligée de choisir un camp

@Drulac Disons que "militer" a pour moi une connotation guerrière qui ne correspond pas à mon tempérament :)
Et effectivement, vue la polarisation des débats sur tous les sujets actuellement, on se sent presque considéré comme "suspect" si on ne choisit pas un camp plutôt qu'un autre... :/

@siegi

@maiadereva @Drulac Oui militer c'est un peu comme "militaire" mais ce n'est pas comme ça que je perçois ce mot, c'est vraiment faire avancer la société par des actions. Rien de guerrier, je dirai plutôt de se faire entendre sur les choix de sociétés qu'on veut.

Parfois je me fais aussi l'avocat du diable sur certains sujets, on est pas obligé de choisir un camp (de mon impression en tout cas), tant que l'on reste cohérent c'est le principal. :)

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