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Voila la deuxième fiche de lecture, sur :
Pour la Grève

de Adrien Braultet et Simon Le Roulley aux éditions Grevis

Dans ce livre les auteurs reviennent sur les mouvements sociaux passés et font un éloge de la grève, mais une grève redéfinie, qui a évolué et c'est adaptée aux changements sociétaux.

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La grève :
C'est un blocage de l'économie,
mais les auteurs sortent de la conception de la grève liée au salariat pour l'étendre à une réappropriation du temps, la fin de la temporalité capitaliste, une sortie de la mesure du temps rentable et productif.
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La grève est créatrice:

La grève bouscule le projet néolibéral établi et par le blocage de celui-ci, la grève ne stagne pas, elle construit à part, une autre idée, un autre projet.

Le blues de la fin de grève n'est alors pas simplement dû au retour au travail, il est dû à la réinsertion dans la cohérence que la grève avait brisée, un retour au temps du capital.

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Les 3 acteurs du maintien de l’ordre:

Les forces de l'ordre :
Une violence par la force, direct (sur les corps) et indirect (sur les esprits)

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Les donneurs d'ordre :

Ce sont ceux qui dirigent le mouvement (syndicats, associations, partis), ils limitent la grève dans le temps et se soumettent à la bataille de l'opinion publique, exigée par les politiques et arbitré par les médias.

Il faudrait les dépasser, les déborder par la base pour prendre la direction du mouvement, mais il faudrait aussi coopérer avec.

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Les montreurs d'ordre :

Ce sont les médias, mettant en scène les revendications et choisissant les acteurs dit légitimes, il faut les renverser, les remplacer.

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La manifestation

On voit maintenant la manifestation comme le symbole de la grève alors que la grève est bien plus que cela, ce n'est pas un instant de monstration,
mais un arrêt de l'économie, la grève n’est pas définis dans l'espace et le temps.

( les gilets jaunes , le soir du 17 novembre 2018, n'avait pas eu ce qu'ils demandaient, alors ils ne sont pas rentrés chez eux).

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Autonomisation de la police :

Leurs revendications sont satisfaites (clefs d'étranglement, droit de garder leurs armes hors service, loi sécurité globale,...)

Elle menace l'État (tract d'Aliance), les journalistes (manif devant la maison de la radio,...) .

L'IGPN ne condamne très rarement les policier·es
fautif·ves (dans des affaires qui concernent le public)

L’État d'urgence permanent leur donne un pouvoir augmenté

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La stratégie :

Il faut une stratégie commune au sein de laquelle se déploie une multitude de tactiques.
Il ne faut ni fuite du monde, ni fuite de l'expérimentation mais un couplage des deux.

Stratégie : art de coordonner des actions, de manœuvrer habilement pour atteindre un but.
(long terme)

Tactique : Art de diriger une bataille, afin d'obtenir un résultat déterminé. (ponctuel)

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Les limites de la pureté militante :

Les militant·es souhaitent souvent que les grévistes soient déconstruits, féministes, anarchistes,...
Mais ils ont souvent un préjugé sur le peuple vu comme homophobe, sexiste, raciste....
Ainsi une partie des militant·es se méfient de ceux qui leur sont étrangers, craignant que le combat mené ne soit pas assez radical à leur goût.

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Les limites de la radicalité

Le désir de radicalité peut pousser à voir les actions comme perdues d'avance, on se focalise trop sur les défauts, fantasmant un mouvement révolutionnaire pure.

La radicalité apporte aussi la stratégie individualiste de la déconstruction, mettant en avant un travail sur soi-même que tout le monde devrait s'appliquer et non un changement de la société.

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L'hypothèse révolutionnaire est incompatible avec le militantisme de parti :

Les partis étant intégrés au système actuel, une révolution pourrait faire disparaître le principe de partis élus.

Ainsi les partis peuvent avoir tendance à appeler à un retour à l'ordre et à revendiquer via le vote (ce qui leur est bien plus favorable)

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Autres ressources :

La rencontre sur le livre organisée par le site Rugir.fr

Gazer, mutiler, soumettre de Paul Rocher (sur l'autonomisation de la police)

La révolution féministe de Aurore Koechli (où la déconstruction est interrogée)

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@ledissonant
Hello, alors j'ai attentivement lu ce fil et j'exprime mon désaccord...juste lié à mon expérience syndicale ...la grève c'est d'abord l'établissement d'un rapport de force avec un préavis qui engendre l'action quand les négociations échouent... l'action c'est de toucher au portefeuille du patron et à son image , les 2 seuls éléments qui le font plier parfois...ces atteintes peuvent aussi se passer d'une grève en général quand il y a cohésion des salariés

@Laurent_Devaux
Merci du retour. Je précise que ce fil exprime les idées que j'ai trouver dans le livre.
Après je suis d'accord, avec vous la gréve est un outils du rapport de force par une atteinte à la productivité.
Mais je ne rejette pas non plus l'idée que c'est une sortie du temps capitaliste et donc productif, les deux ne sont pas contradictoire selon moi.
Et la volonté des auteurs de faire sortir la gréve du salaria, en insistant plus sur l'impacte que sur la méthode est intéressante.

@ledissonant
Avec les sommes hallucinantes dépensées en communication , il ne faut surtout pas négliger ce levier et autant je peux comprendre l'analyse sociologique et politique que quand on fait grève c'est parce qu'on a pas d'autres choix et que c'est aussi douloureux pour les grévistes que pour le patron et c'est bien sur ce pourrissement qu'il joue tout le temps ... il y a dans ce fil l'absence totale de la douleur et de la pénibilité d'une grève , bonne journée 😉

@Laurent_Devaux
Effectivement une gréve n'est pas une partie de plaisir pour les grévistes (contrairement à ce que certains laissent penser, d'où la critique des auteur de ceux qu'ils appellent les "montreur d'ordre")
Vous avez raison de noter l'absence de cette partie de la gréve dans mon fil
(je ne sais pas si c'est absent du livre ou si cela ne m'a pas marqué dans ma lecture)
Bonne journée à vous

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