Cette semaine, j'étais invité à la soirée TEDxWomen au théâtre Mogador à Paris.

Pendant cette soirée, des femmes (et un homme) ont parlé de leurs histoires respectives, de leur trajet, de leur parcours plus ou moins accidenté.

Beaucoup de très bons moments pour un seul vraiment mauvais (une jeune dame un peu trop corporate qui a fini par se faire huer).

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Cette femme notamment qui a fait le tour du monde en moto, et qui preche pour la diversité.

Cette autre femme qui ne comprends pas qu'on qualifie son courage en lui octroyant des attributs masculins : "pour faire cette carriere, elle en a."

Et puis cette dernière femme, broyée physiquement par son carrierisme, et qui finit avec du métal dans la colonne vertebrale, contrainte, par la gravité, de réaliser son rêve : devenir ecrivain.

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Mais... En laissant quelques jours passer, je ne peux pas m'empêcher d'analyser l'ensemble de ce que j'ai vu.

Il y a profondément quelque chose de l'ordre du privilège de classe qui émanait de l'histoire de chacune de ces femmes.
L'image qui me vient est celle de Bruce Wayne fait femmes, le temps d'un TEDx.

Des personnes venant de milieux aisés, bourgeois, aristocratiques, qui parviennent à sortir de leur zone de confort pour réaliser les choses dont elles ont temoigné.

Qu'on s'entende, quelque soit le point de départ et d'où ces femmes parlaient, leurs accomplissements restent de toute façon extraordinaires en tout point.

Ce n'est pas de cela dont il s'agit.

Et pour saisir ce dont je veux parler precisement, il faut revenir au thème du TEDxWomen en question : le dépassement de soi.

Parce que ce thème était pour moi absolument absent de toute la soirée.

Le dépassement de soi implique une sorte de transfiguration individuelle. Or, toutes les histoires racontées étaient davantage de l'ordre de l'epanouissement pur que du depassement.

Je n'ai pas senti cette radicalité violente que subissent les classes les plus basses chez ses femmes. J'ai senti de la sérenité, de la fierté aussi, d'avoir rompu avec des carcans de familles, de corporations, de classes.

Clairement, je me demande si ces parcours auraient été possibles pour des femmes prolos. Des filles de mineurs, ouvrières dans le Nord, qui auraient décidé de tout lâcher pour parcourir le monde et devenir journaliste.

Est-ce seulement possible ?

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Bruce Wayne n'arrive à mener son combat que parce que Wayne.
Ces femmes auraient elles eu les mêmes options si elles avaient été prolos ?

Ça n'enlève rien à leur fantastique parcours et à leur courage.

C'est une remise en question du modèle de société que je fais. Pas de ces femmes. Elles, je les ai applaudis très fort.

(fin du thread)

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