C’est dimanche, c’est Krazy.
Une souris irascible jette sans trêve une brique à la tête d'un chat. Le chat, qui est fou d'elle, croit que les coups qu'il prend sur le crâne sont des messages d'amour. Mais peut-être que c’est cela aussi l’amour, une espèce d’amour vache et tenace, incompréhensible, qui circule entre deux êtres et qui les lie indéfiniment ?

Les Editions Les Rêveurs republie l'intégralité des strips de Krazy Kat de Georges Herriman

Tant de neige, ça date i Il est loin d'y en avoir autant aujourd'hui. Mais ça me fait plaisir, à l'occasion de la petite chute du jour, de revoir ma Mistigrette traçant son chemin dans la poudreuse d'alors, et de me souvenir combien elle avait fait la folle. Pensées, ma puce.

Cela manque curieusement de rouquin ici en ce jour de fête, dit la femme changée en renard. Mais qui aime les lapins quand même.

(photographie de Dylan Nicolier)

J’ouvre ce livre et il me fait toujours rire. Croisements loufoques, humour et poésie. Ici, le Moumadaire. Juste me rappeler qu'avec une pipe et une panthère on obtient facilement une pipe en terre.

Grepotame... et 250 drôles d'animaux croisés, de Pierre Leon, illustrations de Catherine Guery

La LPO m'envoie ses voeux. Allez les animals, on tient bon, on tient le coup. Oui, tous, les lynx, les ours, les loups, les renards, les blaireaux, les hérissons et tous les autres. Et ne vous cachez pas, je ne vous oublie pas les oiseaux, les insectes. Et les lapins évidemment. Et on balance les chasseurs au diable.

Un gag à quatre mains. Grand amoureux des chats, Franquin a concocté seize dessins, que Gotlib a brillamment recomposés, en les démultipliant, réorientant, triturant. Pour aboutir, en soixante dessins, à cette histoire délurée et réjouissante de deux chats qui copulent sans fin et sans entraves. À la dernière page néanmoins, on ne peut qu'approuver l'opinion de la mistigrette : c'est bon mais c'est parfois trop court. Rhâ… Lo… Vely !

Slowburn, par Franquin & Gotlib, publié dans Fluide Glacial

Ma lecture (intéressante et barbante) de 'Ci-git l’amer' de Cynthia Fleury me confirme dans ce que je constate chaque jour : ce qui, en soi, a été profondément blessé, ne peut se réparer. On se répare "ailleurs" et "autrement". L'art est mon ailleurs : poésie, littérature, peinture, musique, photographie, tous ces mondes foisonnants me portent. Ils lancent mes dés en d’infinies combinaisons qui me recomposent autrement. Je prends le large. Merci à tous les artistes de tout poil.

Mon chat a une pendule dans l'estomac. 19h00 : le voilà qui arrive queue en trompette, moustaches frétillantes, roucoulant : alors, on mange ? T'as préparé quoi pour moi ?
Je suis un ticket restaurant. 🙄

Je m’arrime souvent à cette phrase de Stig Dagerman (Notre besoin de consolation est impossible à rassasier). Un espoir est là.
« Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. »

Vœux magnifiques de Pascal Maillard

Je pense à toutes les vaincues qui ne sont pas vaincues et qui ont encore la force et le courage de lutter, aux ingouvernables qui défendent nos libertés sur les places et dans les rues. Je pense à ce Nous qui reste à construire, à tous les autres, à "la vie vivante" qui est faite de don et de joie, aux espoirs déçus et qui renaissent, à l’inconnu qui vient, aux enfant qui naissent, à tous les livres qu'il reste à lire et à écrire.
..

blogs.mediapart.fr/pascal-mail

C'est une forêt depuis longtemps disparue qui émerge dans sa luxuriance. Et c'est un jeune garçon prénommé Waturu qui a la faculté de percevoir les vibrations de la nature, qui entend les murmures des animaux et des plantes qui la peuplent. Il semble que pour Jiro Tanaguchi, alors qu’enfant on 'entend bien', on devient 'indifférent' en grandissant, la possibilité d'être à l'écoute de ce qui nous entoure s'émousse.

Restons sensibles au vivant.

La forêt millénaire, de Jiro Tanaguchi

31 décembre avec les zozios. Chouette ! En hommage aux vanneaux huppés arpentant un champ ce matin.
« Parcourir les mondes avec les oiseaux en tête aux côtés de l’art qui secoue le réel pour donner forme à l’interrogation, c’est ne plus se fier à ce qu’on sait faire ou croit comprendre pour improviser sans filet des méthodes, se risquer à toutes sortes d’inconnus dans des langues et des configurations non apprises. » Jacques Demarcq, extrait de La vie volatile

editions-nous.com/pdf/lavievol

Allez, on joue 😜
Comment ça, Noël est déjà fini ?

Nikita Mandryka, Les aventures potagères du Concombre masqué
(le concombre masqué, mon héros !)

A la fin, c’est le loup qui gagnera.

"Le loup continue son chemin de liberté sans frontière. On peut toujours essayer de l’éradiquer ici, peut-être pendant un temps, puisqu’il nous gêne, mais il en restera toujours dans les coins les plus sauvages, au fin fond des steppes les plus arides, où l’homme ne peut vivre. Et quand l’homme aura fini son règne de criquet, ce qui ne saurait tarder, alors il reviendra."

Jean-Marc Rochette, revue l’Inactuelle, Album Le Loup
linactuelle.fr/2019/11/21/jean

Question fondamentale de Noël : mais quel est donc le sexe de l’ange de Coconino ? De sémillante brunette qu’elle était au jour de sa naissance, Krazy Kat est devenue matou évanescent au seuil de la puberté. Rien d'extraordinaire là dedans, le Kat fait comme il veut. Il peut être un il ou une elle. "Ça çange un peu, et c’est plein d’imazination."

Krazy Kat, de Georges Herriman

Pour Noël, je m’offre de relire Monique Wittig, et d’abord Les Guerillères, ça fait du bien. Vive la troisième personne du féminin pluriel.
« Elles disent qu'elles ont appris à compter sur leurs propres forces. Elles disent qu'elles savent ce qu'ensemble elles signifient. Elles disent, que celles qui veulent transformer le monde s'emparent avant tout des fusils. Elles disent qu'elles partent de zéro. Elles disent que c'est un monde nouveau qui commence… »
A écouter : franceculture.fr/emissions/une

@im
Je suis fan des moutons, ces flegmatiques qui ont toujours étincelle facétieuse au fond de leurs yeux sombres, comme ton avatar. Autrefois, les brebis n’avaient pas peur des loups, elles avaient appris à leur échapper.
Suite au petit sondage dont tu as parlé je ne sais plus où et où le mouton anarchiste venait en tête, voici Blériotte, une des brebis du troupeau des Alpages de F’Murr, une passionnée du vol libre.

"Le chat est un animal qui a deux pattes de devant, deux pattes de derrière, deux pattes sur le côté droit, deux pattes sur le côté gauche. Les pattes de devant lui servent à courir, les pattes de derrière lui servent pour freiner. Le chat commence par une tête et se termine par une queue qui suit son corps. Elle s'arrête au bout d'un moment. Il a des poils sous le nez aussi raides que des fils de fer. C'est pour ça qu'il est dans l'ordre des filins."
Anonyme (Attribué à un écolier de neuf ans)

C'est dimanche. Les chasseurs sont de sortie. Heureusement, j'ai sous le coude André Franquin et ses Idées Noires. Franquin, qui prêtait sa plume à Greenpeace et Amnesty International, disait de lui-même : "Moi, un anarchiste ? Disons plutôt que je suis un lapin qui serait contre la chasse." Les giclées d'encre du lapin étaient carabinées. Les chasseurs, les traîneurs de sabre et les porteurs de goupillon en ont dégusté de réjouissantes salves.

Sur le site de la Cinémathèque, je suis tombée sur les ciné-tracts, ces petits films militants muets, en noir et blanc, réalisés en mai 68, tournés par des cinéastes professionnels et amateurs. C’était il y a longtemps certes, mais qui sait, si le monde de la culture tant méprisé par les technocrates macroniens ne pourrait pas aujourd’hui faire sa révolution culturelle ?

cinematheque.fr/article/1213.h

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