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Le brouillard s'était étendu sur toute la montagne, recouvrant les sapins comme du fromage fondu sur une quiche aux poireaux.
Derrière la fenêtre du chalet, Evy frissonna. Elle n'aimait pas le brouillard. Un coup à se faire attaquer sans le voir venir. Mais ça n'était pas vraiment le genre d'Evy, ça.
Un claquement sec retentit soudain. Un des pièges qu'elle avait posé sur le chemin. Elle saisit son fusil, visa en direction du bruit, au milieu de la brume, et tira.


On entendait toujours les basses et le bon vieux rock, le feu brûlait encore et le vent faisait s'entrechoquer les cadavres de bouteilles. Mais il n'y avait plus ni danseurs ni rieurs. Plus personne. Seulement quelques remous à la surface du lac.


Elle remonta le petit chemin, s'éloigna jusqu'au parking et ouvrit son coffre pour récupérer de quoi se couvrir. Un coup de vent, comme un murmure menaçant, la surprit et elle se retourna, en proie à une soudaine et inexplicable frayeur. Mais le parking était désert. Sans doute un effet de son imagination.
Elle referma sa voiture et redescendit le chemin vers le lac.


La lune brillait tant cette nuit-là que malgré les nuages, les abords du lac semblaient baignés de lumière. Le vent faisait danser les roseaux, au bord de l'eau, et l'air familier d'un vieux tube des années 80 résonnait de toutes ses basses puissantes. Il y avait un feu, aussi, quelques bouteilles de bière, vides à présent, des gens qui dansaient et d'autres qui riaient.
Jane frissonna sous la brise et quitta le groupe pour aller chercher un pull dans sa voiture.


Le professeur contempla sa classe. Ah! De son temps, les élèves ne se seraient pas tenus ainsi ! On savait se tenir droit, alors!
Mais les jeunes d'aujourd'hui, c'était autre chose, avachis, amorphes, un filet de bave dégoulinant sur le menton. Et l'hygiène ! Ça aussi ça s'était considérablement dégradé. Cette génération, vraiment !
Un élève, en retard, entra. Au lieu de s'excuser, il hurla et repartit en courant. Ces jeunes !
Et cette manie de grogner en montrant les dents ...

2/2
Nash grimaça. On aurait dit qu'il était sur le point de pleurer. Eckle secoua la tête.
"On en a bien profité. Et puis, il y aura d'autres vacances d'été, l'année prochaine."
Nash savait bien que c'était vrai. Mais il aurait voulu que ça dure toujours.
Une larme coula sur sa joue.
"C'était tellement bon, tu comprends, dit-il entre deux sanglots, tellement délicieux, tous ces touristes. Je n'arrive à me faire à l'idée d'attendre toute une année avant d'en dévorer de nouveau."

1/2
Nash était debout, au sommet de la dune, et laissait courir son regard sur la plage en contrebas.
"C'est terminé alors ?" demanda-t-il d'une petite voix plaintive et pleine de regrets.
À côté de lui, Eckle hocha la tête d'un air désolé.
Quelques mètres plus bas, les derniers touristes profitait du soleil de la fin août. Ils avaient été des centaines quelques semaines plus tôt et il n'en restait déjà plus qu'une cinquantaine.
"C'est comme ça chaque année." murmura Eckle.

J'ai peut-être pas fait de mercredi fiction, mais j'ai bien avancé sur mon roman. Une bonne dizaine de pages aujourd'hui, avec introduction d'un nouveau personnage. C'est une histoire qui avance.

Pas le temps pour un aujourd'hui. Mais si vous voulez tout de même me lire, tous les épisodes de mon feuilleton Raptor Hall, sont sur mon site. Une planète éloignée peuplée de dinosaures, sur laquelle s'élèvent les ruines d'un château gothique, rajoutez quelques zombies et encore d'autres choses, bref c'est Raptor Hall.
lucilepeyre.wixsite.com/fantas

5/5
La mer s'étalait, grosse flaque d'un bleu azur aux nuances de vert, sous un soleil de plomb qui semblait s'essayer à faire fondre les falaises. Une rangée de cabines de plage en bois, aux couleurs pastelles délavées, bordait le littoral. Au-dessus, on trouvait une petite maison, dont la devanture annonçait "bar de la plage, glaces et sorbets". Mais la porte et les volets étaient clos. À côté, une voiture semblait abandonnée. Sur les galets, ou dans l'eau, personne.

4/5
Judith resta immobile, debout sur la plage, tandis que la mer se soulevait et que quelque gigantesque créature émergeait des profondeurs. Une première tentacule, immense et noire, s'abattit sur les galets et s'enroula doucement autour de la cheville de la jeune femme.
Judith se laissa faire, les yeux mis clos, s'abandonnant à l'étrange caresse. Et puis la chose tira, d'un mouvement vif et en un instant elle disparut dans les flots.

3/5
Elle regarda son pied droit, entaillé par un coquillage au bord coupant. Quelques gouttes de sang coulèrent entre ses orteils et vinrent tâcher de rouge les galets blancs.
Quelque chose trembla alors. C'était peut-être Judith elle-même, comme si un frisson la traversait. C'était peut-être la plage, le ciel et la mer, comme si une chose endormie venait tout juste de se réveiller. Le rythme des vagues s'accéléra.

2/5
Judith sourit. Après les plages bondées, le bruit, les cris et les éclaboussures, enfin un peu de tranquillité. Elle avait du rouler toute la matinée avant de trouver ce petit paradis vide de toute perturbation. Elle s'avança, hypnotisée par la musique des vagues qui venaient frapper les rochers, par la lumière et les couleurs, par cette impression, un peu effrayante, mais si reposante, d'être seule au monde.
"Aïe !" S'écria-t-elle soudain.

1/5
La mer s'étalait, grosse flaque d'un bleu azur aux nuances de vert, sous un soleil de plomb qui semblait s'essayer à faire fondre les falaises. Une rangée de cabines de plage en bois, aux couleurs pastelles délavées, bordait le littoral. Au-dessus, on trouvait une petite maison, dont la devanture annonçait "bar de la plage, glaces et sorbets". Mais la porte et les volets étaient clos. Sur les galets, ou dans l'eau, personne.

3/3
"C'est simple, expliqua Jean-Pierre, chaque fois que quelqu'un est sur le point de commettre une erreur, la machine remonte dans le temps pour l'empêcher d'agir et corriger le tir."
Suzanne fixa la chose dans le paquet, levant un sourcil circonspect.
"Et si l'erreur était d'acheter la Machine ?"
Quelque chose trembla.
Mais elle continua.
"Si elle empêche de l'acheter, l'erreur est corrigée mais..."
Trop tard.
L'univers implosa sous le coup du paradoxe généré par Suzanne.

2/3
Chaque nouveauté sur le marché était source d'enthousiasme pour Jean-Pierre, il aimait posséder les dernières inventions, les technologies les plus perfectionnées. Même si Suzanne réussissait à chaque fois à générer de nouvelles catastrophes en utilisant de travers les acquisitions de son époux.
Cette fois, ce serait différent cependant. Grâce à la Machine.
"Ça corrige les erreurs ? Comment ça ? Je ne comprends pas."

1/3
Suzanne regarda le paquet sur la table avec perplexité.
"T'as dit que c'était quoi, déjà ?"
Jean-Pierre leva les yeux au ciel.
Huit fois déjà qu'il lui avait expliqué. Mais les nouvelles technologies et Suzanne ne faisaient pas bon ménage.
Quand ils avaient eu un téléporteur, elle s'était retrouvée dans la piscine des voisins. Avec le robot turbo, ça avait été pire encore. Ils avaient du refaire la cuisine et le chien avait perdu une oreille.
Mais Jean-Pierre s'accrochait.

Encore un mercredi fiction de zappé, zut! Entre les corrections du bac et les démarches administratives dans lesquelles je suis plongée jusqu'au cou, c'est compliqué de trouver le temps et l'inspiration.
La semaine prochaine, promis! (Et si vous avez des défis d'écriture à me proposer je suis preneuse)
Bises les mastonautes.

12/12
Annie passa plusieurs appels et Jean se renseigna auprès de l'employé de la station service. Il s'avèra que la police les cherchait depuis des jours, après qu'ils aient été portés disparus par les parents d'Annie.
Quand ils racontèrent avoir passé la nuit à l'hôtel de l'aire de la Joliette, l'employé de la station, un jeune homme en casquette rouge, les regarda avec un drôle d'air. "Il n'y a jamais eu d'aire de ce nom sur cette portion de l'autoroute."

11/12
"Quelque chose ne va pas ?" Demanda Jean en voyant le visage de son épouse blêmir soudain.
Elle tendit la main vers le tableau de bord. Il regarda ce qu'elle indiquait, et il la vit, sur l'écran du GPS, la date du jour.
"Comment on peut être le 27? On était le 12 hier ! Je ne comprends pas !"
Le bébé se remit à pleurer et le couple, affolé, s'arrêta à l'aire suivante, une station Total en plastique rouge.

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