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Lucile Peyre @LucilePeyre@mamot.fr

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La mer s'étalait, grosse flaque d'un bleu azur aux nuances de vert, sous un soleil de plomb qui semblait s'essayer à faire fondre les falaises. Une rangée de cabines de plage en bois, aux couleurs pastelles délavées, bordait le littoral. Au-dessus, on trouvait une petite maison, dont la devanture annonçait "bar de la plage, glaces et sorbets". Mais la porte et les volets étaient clos. À côté, une voiture semblait abandonnée. Sur les galets, ou dans l'eau, personne.

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Judith resta immobile, debout sur la plage, tandis que la mer se soulevait et que quelque gigantesque créature émergeait des profondeurs. Une première tentacule, immense et noire, s'abattit sur les galets et s'enroula doucement autour de la cheville de la jeune femme.
Judith se laissa faire, les yeux mis clos, s'abandonnant à l'étrange caresse. Et puis la chose tira, d'un mouvement vif et en un instant elle disparut dans les flots.

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Elle regarda son pied droit, entaillé par un coquillage au bord coupant. Quelques gouttes de sang coulèrent entre ses orteils et vinrent tâcher de rouge les galets blancs.
Quelque chose trembla alors. C'était peut-être Judith elle-même, comme si un frisson la traversait. C'était peut-être la plage, le ciel et la mer, comme si une chose endormie venait tout juste de se réveiller. Le rythme des vagues s'accéléra.

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Judith sourit. Après les plages bondées, le bruit, les cris et les éclaboussures, enfin un peu de tranquillité. Elle avait du rouler toute la matinée avant de trouver ce petit paradis vide de toute perturbation. Elle s'avança, hypnotisée par la musique des vagues qui venaient frapper les rochers, par la lumière et les couleurs, par cette impression, un peu effrayante, mais si reposante, d'être seule au monde.
"Aïe !" S'écria-t-elle soudain.

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La mer s'étalait, grosse flaque d'un bleu azur aux nuances de vert, sous un soleil de plomb qui semblait s'essayer à faire fondre les falaises. Une rangée de cabines de plage en bois, aux couleurs pastelles délavées, bordait le littoral. Au-dessus, on trouvait une petite maison, dont la devanture annonçait "bar de la plage, glaces et sorbets". Mais la porte et les volets étaient clos. Sur les galets, ou dans l'eau, personne.

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"C'est simple, expliqua Jean-Pierre, chaque fois que quelqu'un est sur le point de commettre une erreur, la machine remonte dans le temps pour l'empêcher d'agir et corriger le tir."
Suzanne fixa la chose dans le paquet, levant un sourcil circonspect.
"Et si l'erreur était d'acheter la Machine ?"
Quelque chose trembla.
Mais elle continua.
"Si elle empêche de l'acheter, l'erreur est corrigée mais..."
Trop tard.
L'univers implosa sous le coup du paradoxe généré par Suzanne.

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Chaque nouveauté sur le marché était source d'enthousiasme pour Jean-Pierre, il aimait posséder les dernières inventions, les technologies les plus perfectionnées. Même si Suzanne réussissait à chaque fois à générer de nouvelles catastrophes en utilisant de travers les acquisitions de son époux.
Cette fois, ce serait différent cependant. Grâce à la Machine.
"Ça corrige les erreurs ? Comment ça ? Je ne comprends pas."

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Suzanne regarda le paquet sur la table avec perplexité.
"T'as dit que c'était quoi, déjà ?"
Jean-Pierre leva les yeux au ciel.
Huit fois déjà qu'il lui avait expliqué. Mais les nouvelles technologies et Suzanne ne faisaient pas bon ménage.
Quand ils avaient eu un téléporteur, elle s'était retrouvée dans la piscine des voisins. Avec le robot turbo, ça avait été pire encore. Ils avaient du refaire la cuisine et le chien avait perdu une oreille.
Mais Jean-Pierre s'accrochait.

Encore un mercredi fiction de zappé, zut! Entre les corrections du bac et les démarches administratives dans lesquelles je suis plongée jusqu'au cou, c'est compliqué de trouver le temps et l'inspiration.
La semaine prochaine, promis! (Et si vous avez des défis d'écriture à me proposer je suis preneuse)
Bises les mastonautes.

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12/12
Annie passa plusieurs appels et Jean se renseigna auprès de l'employé de la station service. Il s'avèra que la police les cherchait depuis des jours, après qu'ils aient été portés disparus par les parents d'Annie.
Quand ils racontèrent avoir passé la nuit à l'hôtel de l'aire de la Joliette, l'employé de la station, un jeune homme en casquette rouge, les regarda avec un drôle d'air. "Il n'y a jamais eu d'aire de ce nom sur cette portion de l'autoroute."

Lucile Peyre boosted

11/12
"Quelque chose ne va pas ?" Demanda Jean en voyant le visage de son épouse blêmir soudain.
Elle tendit la main vers le tableau de bord. Il regarda ce qu'elle indiquait, et il la vit, sur l'écran du GPS, la date du jour.
"Comment on peut être le 27? On était le 12 hier ! Je ne comprends pas !"
Le bébé se remit à pleurer et le couple, affolé, s'arrêta à l'aire suivante, une station Total en plastique rouge.

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10/12
Ils ne s'en étaient pas rendus compte, mais l'aire de la Joliette était plongée dans le silence. En regagnant l'autoroute, ils retrouvèrent le bruit de la circulation, de façon si soudaine qu'ils en sursautérent tous les deux. Le bébé se mit à pleurer. Annie se mit à chanter doucement pour l'apaiser.
Entre deux couplets, elle vérifia son téléphone. Elle trouva plusieurs messages en absence de ses parents, qui s'inquiétaient de ne pas les voir arriver le jour convenu.

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9/12
Jean prit le bébé dans ses bras, laissant le soin à Annie de payer la chambre et les petits déjeuners. L'hôtelier refusa sa carte bancaire dans un léger hochement de tête accompagné d'un soupir. Elle sortit son chéquier et régla la note. Ils quittèrent enfin cet étrange hôtel, un peu soulagés de retrouver une ambiance certes plus froide, mais plus normale à leurs yeux. Jean prit le volant, démarra et suivit l'embranchement qui menait à l'autoroute.

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8/12
Au matin, ils descendirent dans la salle de réception de l'hôtel et s'atablérent pour le petit déjeuner. Ils s'attendaient à trouver une foule d'autres clients, avalant leur café en vitesse avant de reprendre la route. Mais ils étaient seuls dans la grande salle. Au milieu des lourds tapis aux couleurs sombres et des meubles en bois vernis, l'autoroute leur semblait bien loin.
L'horloge sonna huit heures dans un grand gong, les faisant tressauter.

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7/12
Tant pis pour le code wifi, elle était trop fatiguée pour songer à redescendre le demander.
Elle se doucha rapidement tandis que Jean changeait le bébé, puis elle prit le relais et lui donna le biberon. Ils s'endormirent tous les trois rapidement, épuisés par cette journée sur la route. Leurs rêves furent peuplés de grandes demeures gothiques, d'ombres mystérieuses et de soupirs étouffés. Mais ils n'en gardérent aucun souvenir au réveil. C'était le lieu qui voulait ça.

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6/12
"Que puis-je pour vous?" Demanda un homme entre deux âges portant un élégant veston couleur prune.
"Une chambre pour la nuit? Bien-sûr." Dit-il en tendant une clef en léton à Jean. Et il les conduisit à l'escalier qui menait à l'étage, les abandonnant au pied des marches avec un sourire.
"Croa" croassa le corbeau dans leur dos. Il n'était pas empaillé, finalement.
"Mince. J'ai oublié de demander le code wifi." S'aperçut Annie, une fois dans le couloir.

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5/12
L'hôtel-restaurant de la Joliette ne ressemblait pas aux autres aires d'autoroute. La décoration rappelait davantage une nouvelle d'Edgar Allan Poe. Il y avait une grande horloge sur pied dans le hall, qui battait les secondes, lentement, très lentement. Il y avait des tapisseries aux teintes sombres. Et il y avait un corbeau. Empaillé, sans doute.
Le bébé s'était arrêté de pleurer lorsqu'ils avaient poussé la porte de l'hôtel. "Il y a quelqu'un ?" Demanda timidement Jean.

Lucile Peyre boosted

4/12
Ils traversèrent le parking désert et poussèrent la lourde porte vitrée qui donnait dans le hall de l'hôtel. Durant leur journée sur l'autoroute, ils avaient eu l'occasion de s'arrêter dans plusieurs aires, pour changer le bébé, boire un café ou manger un sandwich. Toutes avaient cette apparence impersonnelle, cette déco en plastique et couleurs criardes, cet air uniforme à la fois rassurant et un peu gênant. Mais celle-ci avait quelque chose de spécial.

Lucile Peyre boosted

3/12
"On fait quoi ? Demanda Jean, on change le petit, on prend un café et je prends le relais au volant ?"
Annie avisa le petit bâtiment en bois clair qui surplombait le parking. "Hôtel-restaurant de l'aire de la Joliette". Ils n'étaient pas pressés après tout. Ses parents ne l'attendaient pas avant le lendemain. Et ce serait beaucoup plus prudent de reprendre la route au matin, après une nuit de repos. Elle verifia son téléphone. Pas de réseau.
Ils s'avancèrent vers l'hôtel.

Lucile Peyre boosted

2/12
Soudain, Annie aperçut le panneau tant attendu. L'aire de La Joliette était à 500m. Elle prit la sortie, décéléra, remonta la petite route qui menait vers le parking, et éteint enfin le moteur. Jean secoua la tête, comme tiré d'un mauvais rêve. "Tu t'es arrêtée ?" Annie hocha la tête et sourit. Il était temps. Elle détacha le bébé du siège auto et le prit doucement dans ses bras. Il se réveilla tout de même et hurla à pleins poumons.