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Lucile Peyre @LucilePeyre@mamot.fr

Lucile Peyre boosted

12/12
Annie passa plusieurs appels et Jean se renseigna auprès de l'employé de la station service. Il s'avèra que la police les cherchait depuis des jours, après qu'ils aient été portés disparus par les parents d'Annie.
Quand ils racontèrent avoir passé la nuit à l'hôtel de l'aire de la Joliette, l'employé de la station, un jeune homme en casquette rouge, les regarda avec un drôle d'air. "Il n'y a jamais eu d'aire de ce nom sur cette portion de l'autoroute."

Lucile Peyre boosted

11/12
"Quelque chose ne va pas ?" Demanda Jean en voyant le visage de son épouse blêmir soudain.
Elle tendit la main vers le tableau de bord. Il regarda ce qu'elle indiquait, et il la vit, sur l'écran du GPS, la date du jour.
"Comment on peut être le 27? On était le 12 hier ! Je ne comprends pas !"
Le bébé se remit à pleurer et le couple, affolé, s'arrêta à l'aire suivante, une station Total en plastique rouge.

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10/12
Ils ne s'en étaient pas rendus compte, mais l'aire de la Joliette était plongée dans le silence. En regagnant l'autoroute, ils retrouvèrent le bruit de la circulation, de façon si soudaine qu'ils en sursautérent tous les deux. Le bébé se mit à pleurer. Annie se mit à chanter doucement pour l'apaiser.
Entre deux couplets, elle vérifia son téléphone. Elle trouva plusieurs messages en absence de ses parents, qui s'inquiétaient de ne pas les voir arriver le jour convenu.

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9/12
Jean prit le bébé dans ses bras, laissant le soin à Annie de payer la chambre et les petits déjeuners. L'hôtelier refusa sa carte bancaire dans un léger hochement de tête accompagné d'un soupir. Elle sortit son chéquier et régla la note. Ils quittèrent enfin cet étrange hôtel, un peu soulagés de retrouver une ambiance certes plus froide, mais plus normale à leurs yeux. Jean prit le volant, démarra et suivit l'embranchement qui menait à l'autoroute.

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8/12
Au matin, ils descendirent dans la salle de réception de l'hôtel et s'atablérent pour le petit déjeuner. Ils s'attendaient à trouver une foule d'autres clients, avalant leur café en vitesse avant de reprendre la route. Mais ils étaient seuls dans la grande salle. Au milieu des lourds tapis aux couleurs sombres et des meubles en bois vernis, l'autoroute leur semblait bien loin.
L'horloge sonna huit heures dans un grand gong, les faisant tressauter.

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7/12
Tant pis pour le code wifi, elle était trop fatiguée pour songer à redescendre le demander.
Elle se doucha rapidement tandis que Jean changeait le bébé, puis elle prit le relais et lui donna le biberon. Ils s'endormirent tous les trois rapidement, épuisés par cette journée sur la route. Leurs rêves furent peuplés de grandes demeures gothiques, d'ombres mystérieuses et de soupirs étouffés. Mais ils n'en gardérent aucun souvenir au réveil. C'était le lieu qui voulait ça.

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6/12
"Que puis-je pour vous?" Demanda un homme entre deux âges portant un élégant veston couleur prune.
"Une chambre pour la nuit? Bien-sûr." Dit-il en tendant une clef en léton à Jean. Et il les conduisit à l'escalier qui menait à l'étage, les abandonnant au pied des marches avec un sourire.
"Croa" croassa le corbeau dans leur dos. Il n'était pas empaillé, finalement.
"Mince. J'ai oublié de demander le code wifi." S'aperçut Annie, une fois dans le couloir.

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5/12
L'hôtel-restaurant de la Joliette ne ressemblait pas aux autres aires d'autoroute. La décoration rappelait davantage une nouvelle d'Edgar Allan Poe. Il y avait une grande horloge sur pied dans le hall, qui battait les secondes, lentement, très lentement. Il y avait des tapisseries aux teintes sombres. Et il y avait un corbeau. Empaillé, sans doute.
Le bébé s'était arrêté de pleurer lorsqu'ils avaient poussé la porte de l'hôtel. "Il y a quelqu'un ?" Demanda timidement Jean.

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4/12
Ils traversèrent le parking désert et poussèrent la lourde porte vitrée qui donnait dans le hall de l'hôtel. Durant leur journée sur l'autoroute, ils avaient eu l'occasion de s'arrêter dans plusieurs aires, pour changer le bébé, boire un café ou manger un sandwich. Toutes avaient cette apparence impersonnelle, cette déco en plastique et couleurs criardes, cet air uniforme à la fois rassurant et un peu gênant. Mais celle-ci avait quelque chose de spécial.

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3/12
"On fait quoi ? Demanda Jean, on change le petit, on prend un café et je prends le relais au volant ?"
Annie avisa le petit bâtiment en bois clair qui surplombait le parking. "Hôtel-restaurant de l'aire de la Joliette". Ils n'étaient pas pressés après tout. Ses parents ne l'attendaient pas avant le lendemain. Et ce serait beaucoup plus prudent de reprendre la route au matin, après une nuit de repos. Elle verifia son téléphone. Pas de réseau.
Ils s'avancèrent vers l'hôtel.

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2/12
Soudain, Annie aperçut le panneau tant attendu. L'aire de La Joliette était à 500m. Elle prit la sortie, décéléra, remonta la petite route qui menait vers le parking, et éteint enfin le moteur. Jean secoua la tête, comme tiré d'un mauvais rêve. "Tu t'es arrêtée ?" Annie hocha la tête et sourit. Il était temps. Elle détacha le bébé du siège auto et le prit doucement dans ses bras. Il se réveilla tout de même et hurla à pleins poumons.

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1/12
Annie regardait la route en se massant la nuque. Sur le siège passager, son mari, Jean, semblait sur le point de s'endormir. Derrière, dans le siège auto, le bébé émettait un doux ronflement. Le ciel commençait à se teinter de rose et les phares des autres automobilistes ressemblaient à des petites lucioles en mouvement. Après plus de six heures sur l'autoroute, il était temps de faire une pause. Annie se mit en quête d'un panneau indiquant une aire de repos.

12/12
Annie passa plusieurs appels et Jean se renseigna auprès de l'employé de la station service. Il s'avèra que la police les cherchait depuis des jours, après qu'ils aient été portés disparus par les parents d'Annie.
Quand ils racontèrent avoir passé la nuit à l'hôtel de l'aire de la Joliette, l'employé de la station, un jeune homme en casquette rouge, les regarda avec un drôle d'air. "Il n'y a jamais eu d'aire de ce nom sur cette portion de l'autoroute."

11/12
"Quelque chose ne va pas ?" Demanda Jean en voyant le visage de son épouse blêmir soudain.
Elle tendit la main vers le tableau de bord. Il regarda ce qu'elle indiquait, et il la vit, sur l'écran du GPS, la date du jour.
"Comment on peut être le 27? On était le 12 hier ! Je ne comprends pas !"
Le bébé se remit à pleurer et le couple, affolé, s'arrêta à l'aire suivante, une station Total en plastique rouge.

10/12
Ils ne s'en étaient pas rendus compte, mais l'aire de la Joliette était plongée dans le silence. En regagnant l'autoroute, ils retrouvèrent le bruit de la circulation, de façon si soudaine qu'ils en sursautérent tous les deux. Le bébé se mit à pleurer. Annie se mit à chanter doucement pour l'apaiser.
Entre deux couplets, elle vérifia son téléphone. Elle trouva plusieurs messages en absence de ses parents, qui s'inquiétaient de ne pas les voir arriver le jour convenu.

9/12
Jean prit le bébé dans ses bras, laissant le soin à Annie de payer la chambre et les petits déjeuners. L'hôtelier refusa sa carte bancaire dans un léger hochement de tête accompagné d'un soupir. Elle sortit son chéquier et régla la note. Ils quittèrent enfin cet étrange hôtel, un peu soulagés de retrouver une ambiance certes plus froide, mais plus normale à leurs yeux. Jean prit le volant, démarra et suivit l'embranchement qui menait à l'autoroute.

8/12
Au matin, ils descendirent dans la salle de réception de l'hôtel et s'atablérent pour le petit déjeuner. Ils s'attendaient à trouver une foule d'autres clients, avalant leur café en vitesse avant de reprendre la route. Mais ils étaient seuls dans la grande salle. Au milieu des lourds tapis aux couleurs sombres et des meubles en bois vernis, l'autoroute leur semblait bien loin.
L'horloge sonna huit heures dans un grand gong, les faisant tressauter.

7/12
Tant pis pour le code wifi, elle était trop fatiguée pour songer à redescendre le demander.
Elle se doucha rapidement tandis que Jean changeait le bébé, puis elle prit le relais et lui donna le biberon. Ils s'endormirent tous les trois rapidement, épuisés par cette journée sur la route. Leurs rêves furent peuplés de grandes demeures gothiques, d'ombres mystérieuses et de soupirs étouffés. Mais ils n'en gardérent aucun souvenir au réveil. C'était le lieu qui voulait ça.

6/12
"Que puis-je pour vous?" Demanda un homme entre deux âges portant un élégant veston couleur prune.
"Une chambre pour la nuit? Bien-sûr." Dit-il en tendant une clef en léton à Jean. Et il les conduisit à l'escalier qui menait à l'étage, les abandonnant au pied des marches avec un sourire.
"Croa" croassa le corbeau dans leur dos. Il n'était pas empaillé, finalement.
"Mince. J'ai oublié de demander le code wifi." S'aperçut Annie, une fois dans le couloir.

5/12
L'hôtel-restaurant de la Joliette ne ressemblait pas aux autres aires d'autoroute. La décoration rappelait davantage une nouvelle d'Edgar Allan Poe. Il y avait une grande horloge sur pied dans le hall, qui battait les secondes, lentement, très lentement. Il y avait des tapisseries aux teintes sombres. Et il y avait un corbeau. Empaillé, sans doute.
Le bébé s'était arrêté de pleurer lorsqu'ils avaient poussé la porte de l'hôtel. "Il y a quelqu'un ?" Demanda timidement Jean.